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Olivier : insectes et maladies

lundi 8 juillet 2013, par Christophe Berger Twitter : @plantesdusud


Quelques renseignements pour identifier les principaux ravageurs de l’olivier, champignons et insectes.

Les MALADIES provoquées par des champignons

Les champignons se développent pendant les périodes chaudes et humides, entre mars et août.

Contre les champignons, il est préférable de prévoir des traitements préventifs, à des périodes précises dans l’année, avant l’apparition des symptômes des maladies. En effet, les champignons provoquent souvent des dégâts irréversibles, sans pour autant entraîner la mort de la plante. Evidemment, un traitement au moment de la maladie permet quand même d’en limiter l’extension.

Le traitement préventif classique consiste en 2 applications de bouillie bordelaise, à raison de 1,25 kg pour 100 litres d’eau, l’une en fin d’hiver, l’autre à l’automne. Ne pas traiter au moment de la floraison.

Un traitement curatif est souvent fait avec du Dithane.

- L’oeil de paon : ce champignon donne des petites taches circulaires sur les feuilles, avec chute des feuilles.

- La fumagine : elle se caractérise par un film noir sur les feuilles et les tiges. Ce champignon se développe sur les sécrétions sucrées (miellats) d’insectes piquers suceurs, comme les cochenilles et les pucerons. Il faut donc lutter contre ces insectes pour éviter d’avoir de la fumagine. Quand elle est présente, un traitement à base d’huile est efficace, il agit en étouffant le champignon.

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Grave attaque de fumagine sur feuilles et tiges, suite à une prolifération de cochenilles.
cliquez pour agrandir

- La verticilliose : ce champignon peut être présent dans le sol. Il pénètre dans l’arbre par les racines, et bouche les vaisseux conducteurs. On observe alors un dépérissement de l’arbre : les feuilles deviennent ternes, puis s’enroulent vers leur face inférieure, puis deviennent brunes. Cette maladie affecte surtout les jeunes plants, notamment en cas d’excès d’arrosage. On peut lutter avec un fongicide systémique, mais il est souvent trop tard pour sauver l’arbre quand toutes les branches meurent.

Les INSECTES

Dans ce cas, on fait surtout des traitements curatifs, au moment de l’apparition des insectes. Il existe de nombreuses substances actives qui agissent en effet par contact, il faut donc que l’insecte soit présent pour qu’elles agissent. On peut agir aussi sur les oeufs et les formes larvaires, ce qui est la meilleure façon de limiter la propagation des insectes qui ont souvent plusieurs générations par an.

En hiver, on peut faire des traitements préventifs à base d’huile pour éliminer les formes hivernantes, notamment au niveau de l’écorce.

On dénombre une bonne quinzaine d’insectes nuisibles à l’olivier, mais tous n’ont pas la même nuisibilité.

Comme pour les fongicides, les insecticides ne doivent jamais être appliqués au moment de la floraison, et il faut respecter le délai d’application avant récolte. Dans tous les cas, il convient de bien lire les recommandations indiquées sur les boîtes avant de faire un traitement.

L’utilisation de pièges jaunes à phéromones suspendus dans les branches permet d’éliminer une certaine quantité d’insectes, mais ils servent surtout de marqueurs pour savoir quand commencer les traitements.

- Le thrips : insecte noir de 2,5 mm qui dépose ses oeufs le long des nervures des feuilles. Il y a 3 générations par an. Les feuilles sont déformées et les olives sont nécrosées par les piqûres.

- Les cochenilles noires et brunes : reconnaissable à sa carapace. Elle suce la sève et donc affaiblit l’arbre. Ses exsudats profitent à la fumagine.

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Attaque de cochenilles à carapace brune sur les tiges.

- Le psylle : insecte gris sombre . L’adulte hiverne et dépose ensuite ses oeufs au printemps à la face inférieure des feuilles. Les larves produisent du miellat qui favorise la fumagine.

- La teigne : il y a 3 générations par an. Les chenilles sont des mineuses qui font des galeries sous l’épiderme des feuilles. Elles forment ensuite des cocons tissés dans les feuilles repliées. Elles peuvent aussi pénétrer dans les fruits, qui tombent.

- La zeuzère : elle a une génération par an. Elle dépose ses oeufs dans les fissures des écorces ou à la base des bourgeons. Elle pénètre dans les branches et le tronc par l’intermédiaire du pétiole des feuilles, en formant des galeries repérables par les sciures au niveau des orifices ouverts dans le bois.

- Le scolyte de l’olivier ou "neïroun" : il s’attaque surtout aux branches des arbres affaiblis. Il a 2 à 3 générations par an. Les larves creusent des galeries dans le bois, la lutte est très difficle, voire impossible. L’arbre est souvent condamné. Eliminer les branches atteintes.

- L’otiorrhynque de l’olivier : ce charançon se réfugie le jour sous les mottes de terre. La nuit, il grimpe dans l’arbre pour manger les feuilles en laissant des encoches marginales caractéristiques. Lutter avec un insecticide pour insectes du sol en granulés.

- La cécidomyie des feuilles : elle a une génération par an. Elle pond en février-mars sur les bourgeons ou parmi les boutons floraux. Les larves provoquent des chutes de fleurs et de jeunes fruits.

- La cécidomyie des écorces : elle a 2 générations par an. Elle pond sous l’écorce, les larves se nourrissent ensuite du bois superficiel, ce qui entraîne des zones déprimées, des dessèchements et des craquelures sur l’écorce.

- La mouche de l’olivier ou "keïroun" : très redoutée car la femelle pond son oeuf dans l’olive, puis les larves se nourrissent pendant 15 jours du fruit, ce qui le rend impropre à la consommation. Le plus souvent, les fruits atteints rougissent et tombent. Il y a 3 générations par an. Dés le début des attaques, il faut traiter tous les 15 jours jusqu’à la récolte pour essayer d’éliminer un maximum de femelles avant qu’elles ne pondent.

EN SAVOIR PLUS

- Consulter les informations sur les ravageurs des plantes sur Internet, encyclopédie européenne : www.inra.fr/hyppz
- Lire notre article sur la culture de l’olivier
- La culture des oliviers, aux éditions Artémis.
- L’olivier en terre varoise, d’Yves Fattori, aux éditions Edisud (www.edisud.com).
- Oliviers. Comment les choisir et les cultiver, de Serge Schall, aux éditions Ulmer (www.editions-ulmer.fr).
- L’olivier et la préparation des olives, de Max Lambert, aux éditions Campanile (www.diffusion-fred.com).
- Le livre de l’olivier, de Marie-Claire Amouretti et Georges Comet, aux éditions Edisud (www.edisud.com).


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