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Palmiers : généralités

dimanche 6 juin 2004, par Christophe Berger Twitter : @plantesdusud


Les palmiers listés en fin de cette fiche générale sont parmi les plus résistants au froid. Ces plantes sont fascinantes par leur biologie, leur allure si particulière, leur facilité de culture.

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Nous ne sommes pas sur une île tropicale, mais sur une plage du Lavandou (83).

- Botanique : Les palmiers sont des monocotylédones, au même titre que les graminées. Ils sont, pour simplifier, des "herbes géantes". Ils ne forment pas un vrai tronc, mais une simple tige, appelée stipe. Celui-ci acquière son diamètre définitif dès que la plante commence à pousser en hauteur. Le stipe ne grossit donc pas en diamètre.

Chez la plupart des palmiers, le stipe n’est jamais ramifié. Chez d’autres, une ramification se fait dès la base du stipe, ce qui donne une touffe qui grossit avec l’âge (voir Chamaerops humilis). Le dattier possède la capacité, comme quelques autres palmiers, de se ramifier sur son stipe (voir Phoenix dactylifera).

Chez les palmiers, seul le bourgeon terminal, au coeur de la touffe de feuilles, assure la croissance de la plante. S’il meurt, le palmier meurt dans la plupart des cas. C’est pourquoi, dans les zones qui présentent un risque de grand froid l’hiver, il peut être important de protéger le coeur, par différents moyens que nous donnons plus bas.

- Famille : Les palmiers forment une famille botanique homogène, les Arécacées. On distingue environ 2 800 espèces, réparties en 180 genres.

- Origine : Les palmiers sont essentiellement répartis dans les régions chaudes, entre +30° et -30° de latitude. En Europe, on ne dénombre que 2 espèces naturelles : Chamaerops humilis, encore présent spontanément en Espagne, et Phoenix theophrasti, apparemment identifié en Crète.

- Rusticité : Une centaine de palmiers sont acclimatables en Côte d’Azur, une vingtaine dans le Sud-Ouest, 3 ou 4 résistent partout en France. On parle souvent de rusticité par rapport aux basses températures hivernales, mais d’autres critères doivent être pris en compte pour la culture des palmiers : le type de sol, la sécheresse du sol et de l’air, l’action des embruns salés et des vents froids. La résistance à la sécheresse est moins fréquente qu’on ne croit, sauf chez quelques espèces originaires de zones désertiques. La plupart des palmiers réclameront une forte hygrométrie pendant les périodes de fortes chaleurs. En pleine terre, le problème est moins grave qu’en pot.

En ce qui concerne les températures basses limites données dans les fiches par espèce, il faut bien comprendre que ce ne sont que des valeurs relatives, car la résistance dépend de bien d’autres critères, comme la durée de la période de froid, l’état physiologique de la plante (phase de dormance ou phase de croissance active), la présence de vent, d’air sec ou humide, la plantation sur une butte ou en fond de vallon, l’amplitude thermique entre le jour et la nuit, etc.

Les possibilités d’acclimatation sont donc aussi diverses que les nombreux micro-climats existants dans nos jardins. A chacun donc de faire ses propres essais, c’est tout l’intérêt du jardinage.

- Hauteur : Très variable, de 2 m à plus de 20 m.

- Feuillage : Les feuilles, appelées palmes, sont formées d’un limbe initialement entier, puis subdivisé en différent segments rigides et parallélinervés, appelés pinnules. Les palmes sortent du sommet du stipe en formant une gerbe plus ou moins fournie, ce qui fait tout l’attrait de cette famille de plantes. Elles sont reliées au stipe par un pétiole, appelé ensuite rachis à l’endroit où les pinnules sont insérées. Les pinnules, qui présentent un ou plusieurs plis, peuvent être linéaires, en arête de poisson, pointues ou tronquées. Les pinnules de la base de la feuille sont souvent transformées en épines plus ou moins coriaces.

La base du pétiole engaine plus ou moins le tronc. Quelquefois, cela forme une colonne cylindrique dite couronne (comme chez Archontophoenix). Les feuilles les plus âgées meurent au bout de quelques années. Soit elles restent fixées au tronc, formant alors une jupe qui couvre le stipe, soit elles se détachent en laissant une cicatrice caractéristique et plus ou moins marquée sur le stipe.

Les palmes ont des tailles, des formes et des couleurs très variées. On distingue : les feuilles palmées, avec limbe en éventail, formées de pinnules toutes insérées dans l’apex du rachis, les feuilles palminervées, avec limbe en éventail et pinnules insérées dans la partie terminale du rachis, qui forme alors une nervure prohéminente sur le limbe, et les feuilles pennées ou bipennées, avec pinnules insérées sur les côtés du rachis.

- Floraison : Les fleurs sont petites, très nombreuses, solitaires ou groupées sur le même pédoncule. Elles sont souvent jaunâtres, et soit unisexuées (mâles ou femelles) portées par le même individu (palmier monoïque), soit portées par des individus différents (palmiers dioïques), soit encore hermaphrodites.

Les fleurs sont groupées sur des inflorescences plus ou moins grandes et ramifiées, souvent formées de panicules en racème ou en épis, quelquefois sous forme de spadice, et enveloppées et protégées, avant leur épanouissement, par une ou plusieurs bractées appelées spathes, coriaces et ligneuses.

- Fructification : Les fruits sont des drupes ou des baies. Le mésocarpe est pulpeux ou alors sec et fibreux. Les fruits sont de taille très variable. Celui de Jubaea chilensis est une noix de coco miniature ; chez Butia capitata, la pulpe est orange, délicieuse et on en fait des gelées ; les dattes du Phoenix dactylifera ne mûrissent pas sous nos climats. La germination des graines est plus ou moins facile, elle peut durer entre 3 semaines et plus d’un an.

- Exposition : La plupart des espèces acceptent le plein soleil, quelques unes la mi-ombre voire l’ombre sous le couvert d’autres arbres (Chamaedorea, Caryota, Howea, Rhapidophyllum). Les jeunes plantes nécessitent une situation mi-ombragée, avant de chercher le plein soleil une fois qu’elles ont atteint une certaine dimension. Il faut éviter les emplacements froids, mal exposés. Dans les terrains en pente, rechercher les zones les mieux exposées en évitant les fonds de jardin, là où le froid s’accumule.

- Plantation/Sol/Rempotage : La nature de monocotylédone confère aux palmiers le grand avantage d’être transplantables à tout âge. Ils reforment ensuite très facilement leur système racinaire, les racines étant fasciculées, c’est-à-dire formés en faisceaux. En zone sèche, certaines racines peuvent avoir 20 m de longueur. Avec l’âge, la base du stipe laisse souvent voir de nombreuses racines adventives. La replantation d’un grand palmier nécessite un haubanage, afin d’éviter un balancement du tronc sous l’action des vents, ce qui gênerait la formation des nouvelles racines. Ces racines fasciculées ne sont pas gênantes pour les murs ou pour les dalles.

Dans le cas d’un palmier acheté avec les palmes regroupées et liées en faisceau, il est préférable d’attendre la reprise avant de défaire le lien, pour éviter le dessèchement foliaire et protéger le bourgeon terminal.

Le sol idéal est une terre riche, bien irriguée et bien drainée, et de la chaleur. Mais beaucoup de palmiers s’adaptent à différents types de sols, de préférence acides ou légèrement calcaires. La plantation se fait au début de la saison chaude, pendant la période de croissance de la plante, et non pas en automne-hiver comme beaucoup d’arbres et d’arbustes à feuillage caduque. Arroser régulièrement les premières années pour assurer une bonne reprise. Au moment du dépotage avant plantation, ne pas blesser les racines intactes, éliminer les mortes.

- Arrosage/Engrais : La plupart des palmiers pousseront d’autant plus vite qu’ils seront arrosés régulièrement pendant les mois de fortes chaleurs. Dans le cas d’une culture en pot, le suivi de l’arrosage est fondamental, été comme hiver, si celui-ci est sec et venteux.

Faire un apport régulier d’humus bien décomposé. Au niveau engrais, le potassium (K) est important pour les palmiers. Un excès de phosphore (P) provoque presque toujours une carence en manganèse qui peut, à long terme, tuer le palmier. Il faut apporter du magnésium (Mg) dans un rapport K/Mg de 3/1. En effet, la carence en Mg provoque un jaunissement des anciennes feuilles, en laissant la nervure verte.

Actuellement, on préconise un engrais avec le rapport suivant entre les éléments : N/P/K/Mg, 3/1/3/1 avec apports en plus de fer et de manganèse. Le problème de la "couronne plate" sur Phoenix canariensis nouvellement transplantés, due à la petitesse des nouvelles feuilles, est provoqué par une carence en manganèse qui ne peut plus être assimilé.

La fertilisation se fait régulièrement au printemps, en été et aussi en automne, contrairement à ce que l’on peut craindre : un palmier bien nourri à l’automne résistera mieux au gel hivernal. Exemple de quantité : 3 à 4 kg d’engrais 15/5/15/5 pour un gros Phoenix canariensis, plus 1,2 kg de sulfate de magnésium en respectant toujours bien le rapport K/Mg.

- Insectes et maladies : Lire notre article "maladies et ravageurs des palmiers".

- Taille : Lire notre article sur la "taille des palmiers".

- Culture en pot : Choisir une espèce à faible développement de préférence, comme Chamaerops humilis, Nannorrhops ritchieana, Rhapidophyllum hystrix, Sabal minor, Trachycarpus fortunei, Trachycarpus wagnerianus, Chamaedorea.

Il faut prendre un pot de volume proportionnel à la vigueur du palmier. Le substrat sera riche et drainant, un trou au fond du pot doit permettre l’évacuation de l’excès d’eau. Le rempotage se fait tous les 2 à 3 ans. La terre en pot s’épuisant vite, il faut apporter tous les ans un engrais adapté, comme indiqué plus haut.

L’arrosage doit être suivi été comme hiver. Les palmiers gardant leurs feuilles toute l’année, un manque d’eau peut être vite fatal en se manifestant par un dessèchement irréversible du coeur.

- Protection contre le froid : Les plantes jeunes ou affaiblies, celles nouvellement plantées, peuvent geler plus facilement. Un gel prolongé, sans dégel dans la journée, est toujours néfaste et destructeur. Une protection temporaire peut permettre à certains palmiers d’affronter l’hiver.

Outre l’abri que procure un mur bien exposé, la technique la plus simple consiste à regrouper le feuillage du sommet de la plante. On maintient par une attache souple, ce qui crée un micro climat plus chaud au niveau du coeur. Une précaution supplémentaire consiste à entourer cette zone sensible d’un voile d’hivernage, d’un paillasson végétal, ou de toute autre protection légère et perméable.

Dans ces cas, il faut faire attention à la condensation d’eau au coeur, tout excès d’humidité sera redoutable pour le palmier en hiver. La neige peut casser les feuilles. On peut aussi installer un fil chauffant autour des feuilles et du coeur, ou fabriquer un abri ou une simple toiture temporaires au-dessus du palmier, mais ces systèmes sont plus contraignants.

Les racines des plantes en pot sont très sensibles au froid, il faudra les protéger de façon spécifique si besoin. Des feuilles mortes ou un mulch peuvent être épandus au pied des palmiers en pleine terre.

- Utilisations : Dans de nombreux pays, les palmiers ont un rôle économique fondamental, apportant nourriture (fruits, farines, huiles, cires alimentaires, sucres, boissons), matériel de construction (stipe, feuilles), fibres aux diverses utilisations (habillement, objets), ameublement (rotin).

Pour en savoir plus :
- Association Fous de Palmiers
www.fousdepalmiers.fr. Pour tout savoir sur cette fabuleuse famille de plantes.
- Palmiers du monde
http://perso.wanadoo.fr/palmarium. Botanique, photos, sites.
- France Palmier
www.france-palmier.com. Nombreux conseils sur les palmiers parmi les plus résistants.

Lire nos fiches descriptives par espèces :
- Archontophoenix cunninghamiana
- Brahea armata
- Brahea edulis
- Butia capitata
- Butia yatay
- Caryota urens
- Chamaerops humilis
- Howea forsteriana
- Jubaea chilensis
- Livistona chinensis
- Livistona australis
- Phoenix dactylifera
- Phoenix canariensis
- Phoenix roebelenii
- Phoenix theophrasti
- Sabal bermudana
- Sabal minor
- Sabal palmetto
- Syagrus romanzoffiana
- Trachycarpus fortunei
- Trachycarpus martianus
- Trachycarpus takil
- Trachycarpus wagnerianus
- Trithrinax campestris
- Washingtonia filifera
- Washingtonia robusta


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